Fabrication d'un peigne en corne

 

 Les cornes proviennent principalement d'Amérique de sud, d'Australie et de France.

Elles sont triées par le scieur et la corne est découpée en trois tronçons :

- Le haut de la corne est réduite en copeaux pour être utilisée comme engrais.

- le milieu de la corne servira à réaliser de grands et beaux peignes.

- la pointe (pleine) sera utilisée pour la conception de manches de couteaux.

 

Si la force hydraulique est aujourd'hui remplacée par l'électricité, les machines utilisées ont tout de même une centaine d'années.

Le biscayage : le travail du biscayeur consiste à chauffer la corne, de la découper à l'aide d'un couteau en forme de serpette, « le biscail » et de bien couper en spirale pour faire une plaque à peu près rectangulaire dans laquelle on réalisera le peigne. Pour des raisons évidentes de coût, le chauffage se fait aujourd'hui avec le gaz, autrefois les cheminées à bois chauffées les cornes sans produire d'humidité, ce qui évite de brûler la matière première. Un bon biscayeur en tapant la corne avec sa serpette reconnaît si elle est prête à travailler, elle doit sonner plus lourd.

 

L'aplatissage : la corne est chauffée une deuxième fois, l'artisan la glisse entre les mâchoires de sa pince pour la dérouler, l'aplatir et casser ses fibres. Elle est passée dans une presse hydraulique où chaque « plaque » est refroidie par un circuit d'eau. Enfin cette plaque sera mise au repos pendant un mois afin que la fibre ainsi étirée ait le temps de se rétracter.

 

Le grattage : Il permet de supprimer les défauts trop importants comme les bosses sur les peignes et d'obtenir une surface régulière.

 

le traçage : Les plaques de corne vont être marquées à l'aide d'un gabarit appelé «régadous » et d'un poinçon d'acier. Les peignes sont tracés en tenant compte de l'épaisseur et du sens de la fibre.

 

Le rognage : Il consiste à découper la plaque avec une scie circulaire, afin d'obtenir une ébauche appelée « bâton ».

 

Le carage : Permet de meuler et d'arrondir les contours de ce peigne rudimentaire.

 

L'ébauche va par la suite être façonnée en biseau sur chaque face, ce qui permettra une meilleure pénétration dans la chevelure.

 

Le stadage : Il s'effectue en deux temps : on découper les grosses dents puis les plus fines, en fonction du modèle choisi. Cette opération est semi mécanique dans la mesure où les dents sont sciées à l'aide d'une fraise.

 

L'appointage : On peut ensuite appointer les dents avec une autre meule.

 

Le planetage : Va permettre d'affiner le peigne : on ébavure avec plusieurs meules plus ou moins abrasives.

 

Le baguettage : Consiste à amincir le dos du peigne sur chaque face en faisant glisser celui-ci sur une petite meule.

 

Le ponçage : On utilisera une préparation à base d'eau et de pierre ponce avec une roue en flanelle qui sert de tampon lustrant.

 

Le polissage : Pour qu'il ait un aspect brillant on le passe sur une ultime meule . L'opération terminée on rince et on sèche le peigne, on ajoute une touche de blanc d'Espagne pour faire apparaître toutes les nuances délicates de la corne.

 

Le peigne en corne qui faisait partie de notre quotidien, voire de notre intimité prend désormais une proportion sacrée.

On comprend mieux pourquoi au Moyen Age on trouvait des peignes en corne ou en ivoire dans les trésors d’église. Ils étaient certes utilisés en tant qu'objets liturgiques pendant certaines cérémonies comme l'onction des évêques, mais après avoir vu réaliser toutes les étapes de sa fabrication à partir d'une ordinaire corne de vache, le peigne devient sans aucun doute un objet d'exception.